Ni-hao Ti-zao…


 

Aujourd’hui j’irai visiter le quartier chinois de Paris. Pour s’y rendre de chez moi il faut prendre la ligne 5 du métro, couleur orange, direction Place d’Italie. 15 stations me séparent de « l’autre Monde ». Elles traversent verticalement la ville de Paris : du Nord jusqu’au Sud. Le parcours nous amène de Bobigny jusqu’à Place d’Italie en passant par Bastille et République. Les portes s’ouvrent et se ferment à chaque station; les panneaux publicitaires défilent en mêlant sujets et images.

Il fait chaud : 32 degrés s’affiche au thermomètre. Ma peau reste collée au siège. Une affiche sur ma droite se moque des passagers en nous disant : « respire à nouveau, respire l’air des mers tropicales ». Je l’admets, j’y ai essayé. J’ai coupé mon souffle en fixant l’image. Que dire : en même pas 2 secondes, j’ai eu l’envie de vomir. Une fois passée les envies tropicales, je reviens sur Terre. Je regarde fixement la personne devant moi. L’ennui me prend et pour passer le temps je compte les stations qui me restent. 20 minutes plus tard, on y arrive en fin. Iphone à la main, prêt à tout noter. En sortant du métro, je prends la première rue à gauche. Cet endroit est nouveau pour moi, c’est la première fois que je le découvre, je n’ai encore aucun repère. Je cible une rue et j’ai choisis de la suivre : ” l’Avenue d’Ivry “. Lorsque j’ai franchi un pas dans le quartier, situé à quelques centaines de mètres de P.le d’Italie, les enseignes se transforment : les couleurs changent ainsi que les caractères. Au fur et à mesure que j’avance, les magasins et les restaurants internationaux laissent la place aux « cousins » asiatiques. Un monde de parfums des terres lointaines se laisse découvrir et pour s’apercevoir de ce monde il ne faut pas être timide. Il faut lui poser les bonnes questions sinon la différence culturelle t’empêche d’y rentrer.

L’Avenue d’Ivry est un grand boulevard bordé d’arbres, éclairée par des lumières de différents magasins quelques soit leurs activités et c’est étrange, plus j’avance, plus j’ai l’impression d’être dans un autre continent. Ce qui me fascine le plus dans ce que je vois, ce sont les couples mixtes qui se promènent sans gène : cet union de cultures nous montre un nouvel aspect de la société. Même si par fois, ce qu’on voit nous cache quelque chose d’ancien pas visible à l’oeil nu. Il faut bien dire que ce quartier est connu comme le quartier « chinois » mais on y trouve beaucoup d’autres communautés qui traversent tout le Sud Est Asiatique : souvenir d’une époque colonial française.

Après avoir dépasser le restaurant vietnamien « LOTUS », toute une série de restaurants, plus ou moins présentable pour les goûts européens, se défilent sur les deux trottoirs. Certains d’entre eux sont de faibles représentations d’un monde perdu, idéalisé, qui reste seulement vivant dans la mémoire du Vieux continent. D’autres, comme les traiteurs asiatiques, font le bonheur des habitants du quartier. Parmi les enseignes que je peux voir je repère des noms comme : “L empire des thes”, “Laos”, “tan lido”, “pho mui”, etc. J’ai le sentiment qu’ils veulent, à tout prix, dégager des sensations, des parfums, des couleurs d’Asie, en oubliant, certaines fois, le bon sens. Heureusement qu’une boulangerie, comme on en trouve des milliers à Paris, me rappelle toujours que je suis bien en France : petit témoin de la présence française en terre « étrangère ».

Le temps passe et je continue à me balader dans chaque recoin de rue, le soleil commence à se coucher. Les lumières des enseignes se font plus agressives et ils envahissent chaque mètre. Ce quartier n’a rien à voir avec celui qu’on trouve à Milan. Le « china town » milanais se différenci énormément. Quand on y rentre du coté de “ via Bramante” on trouve une infinité de poteaux, mise en place par la Mairie pour lutter contre la décharge sauvage des colis. Le contact humain avec les personnes qui y habitent se fait rares. On a plus un contact avec les objets que les chinois fabriquent qu’avec la population asiatique. On achète nos vêtements dans des boutiques chinoises, on va chez le coiffeur à 7 euros et parfois manger dans un restaurant chinois. Cette relation s’établit qu’avec des lieux ou des objets et rarement avec les personnes. Il suffit de prêter attention aux conversations entre clients et serveurs ou coiffeur : on entend de toutes sortes de phrases banales mise en place par le traiteur juste pour faire plaisir à l’italien, et, de conséquence, l’italien rigole aux blagues chinoise par ce qu’il sait qu’il aura une réduction sur l’addition.

Ici à Paris, l’air est beaucoup plus détendu. On s’en aperçoit grâce à l’absence de petits camions qui transportent 24h sur 24h tout genre de choses et par  les couples mixtes qui font la différence en donnant une touche moderne et innovatrice à un monde tourné vers le passé. Thaï avec des blancs, chinois /e avec africain /e, etc. Comme si ça été comme ça depuis le début des temps.

Je continue de marcher. Dans cette l’Avenue on y trouve beaucoup de bas bâtiments. Ils dépassent rarement le septième étage,  mise à part les gratte-ciels blanc, tous identiques, au milieu du quartier.  Je décide de me diriger du côté du quartier vivant, pour cela, je prends la petite rue sur la droite : «  rue Simone Weil ». Je trouve quelque chose qui n’a rien à voir avec l’Asie: des adolescents assis sur leurs scooters passent leur temps à jouer à qui est plus con en insultant les personnes qui passent. Le gagnant n’ajoutera rien de plus à la misère du bâtiment placé derrière son dos.

 Il suffit de faire quelques pas en avant pour apercevoir un jardin au milieu de nulle part : le jardin baudricourt. C’est un jardin réalisé dans le style asiatique. Calme, un court d’eau passe à l’intérieur, des fleurs très colorées sont placées au centre de la petite place. Deux pierres, posées l’une sur l’autre, donne l’image d’un homme. Un peu plus loin on y trouve une colonne commémorative, je m’approche et je lis : à la mémoire des travailleurs et combattants chinois “morts pour la France” pendant la Grande Guerre. 1914-1918. Les personnes mélangent facilement les deux langues et pour moi c’est incompréhensible. J’ai pris le temps de m’arrêter pour manger et puis j’ai quitté ce petit oasis.

Certaines fois quand on laisse le chemin de l’originalité et de la simplicité on crée des artifices culturelles qui sont, parfois, drôles: l’exemple le plus étonnant c’est l’église de notre Dame de Chine, copie de la plus célèbre église de Paris mais, cette fois ici, version low cost. Tout est écrit en chinois: enseignes des cabines de docteurs, avocats mais aussi l’une de plus grandes multinationales de la restauration rapide a du se soumettre aux besoins du quartier en traduisant Mc en chinois. Juste en face du Mc, une dame âgée asiatique me demande de l’argent : « avez-vous 1 euro pour m’acheter un menu ». Intrigué par le défi lancé par la dame je lui donne ce qu’elle m’as demandé. Je m’assois exprès sur un banc en face du Mc et j’attends qu’elle y rentre pour s’acheter à manger. Elle me regarde, elle bascule la tête en avant en m’indiquant l’entrée. J’attends. Une voiture roule à grande vitesse et me détourne l’attention. Je me retourne vers l’entrée du Mc et la dame avait disparue. « Elle m’a eu” je pense. Je vois un panneau indiquant le métro ligne 7. Je suis fatigué et la nuit tombe.


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